3 novembre 2019 (Le troisième œil)

Intervenant : Dr Govind Rajpoot

Question : J’ai compris que il y a un premier sentiment qui surgit en nous, qu’on ne peut pas changer et après on va jouer avec. Ce premier sentiment qui surgit, c’est comme ça que j’ai compris manobhava. Et qu’est-ce que la pensée va faire avec après ? Qu’est-ce que c’est que ce jeu dont tu as parlé ?

Govind : Avant ça il faut expliquer qu’il y a plusieurs possibilités et plusieurs options pour comprendre une situation. C’est un problème à trois points, comme un triangle.

Le premier angle du triangle c’est l’acteur, le sujet qui agit, celui à partir de quoi on observe.

Le deuxième angle du triangle c’est l’objet, le sujet dont il est question, la chose avec laquelle l’action est faite.

Le troisième angle du triangle c’est celui qui observe les deux autres, le sujet et l’objet.

Par exemple à la première pointe du triangle on a Isabelle et à la seconde on a l’objet qui peut être une autre personne, une chose à faire comme le ménage. Alors le second point c’est la maison et la maison a besoin d’être nettoyée. Et au premier point on a Isabelle qui aimerait bien que la maison soit propre mais qui voudrait que quelqu’un d’autre fasse le ménage. Donc on a Isabelle qui observe la maison et aussi la maison qui observe Isabelle.

Et il y a la troisième pointe du triangle, celui qui observe les deux autres et qui est le troisième œil. Il est détaché, il n’est pas impliqué dans aucun des deux autres points.

Isabelle observe ses jambes, elles lui font mal, il y a une douleur dans ses genoux. Alors elle met de l’huile sur ses genoux. Il y a donc une communication entre Isabelle et les genoux. Et le troisième œil regarde ce qu’Isabelle fait aux genoux, et pourquoi elle fait ça, et pourquoi les genoux font mal. Il regarde tout.

Donc la toute première chose à savoir c’est à quelle pointe du triangle on se place, depuis quel angle on observe : est-ce que notre mental est le mental de l’objet, ou bien est-il le mental du sujet ou bien est-il le troisième mental. Ceci doit être clair. On doit en être sûr.

Cette observation ne peut pas être faite par un petit enfant car celui-ci est immature, il n’a pas de troisième mental. L’enfant apprend, et prend confiance, en étant le sujet et l’objet. Il adopte les points de vue du sujet et de l’objet et il devient confiant. Alors il élabore sa vérité. Car tout un chacun fabrique sa propre vérité pour soi-même.

La mère et l’enfant changent de position et sont tour à tour sujet et objet. Ainsi ils font des expériences, ils établissent leur confiance et construisent leur vérité. Et sur la base de cette vérité ils abordent l’étape suivante, ils agissent, réagissent, font de nouvelles expériences… et les choses se poursuivent ainsi.

Cette façon de fonctionner est celle de l’esprit immature.

L’esprit atteint la maturité lorsque la troisième possibilité apparaît : la possibilité d’observer à la fois le sujet et l’objet. Par cette observation la personne mature comprend et construit sa vérité différemment. Ainsi la vérité de la personne mature est différente de la vérité de l’enfant.

L’enfant croit que les fables racontées par sa mère sont vraies. La personne mature croit que les fables sont des fables et qu’elles ne sont pas la vérité. C’est un angle d’observation différent, un troisième point de vue pour observer, un point de vue distinct, détaché. A partir de celui-ci on comprend et une confiance différente se développe. Sur la base de cette confiance, la vie de la personne mature va plus loin. Cela dépend comment on construit notre confiance de façon mature ou immature.

Donc on reconnaît la maturité au fait que le troisième angle de vue, le troisième œil travaille. Inversement si on ne sent pas ce troisième point de vue d’observation alors on est une personne immature. On est puéril, enfantin. Ce qui est puéril c’est de faire l’essai à la manière de l’enfant et de s’occuper seulement du sujet et de l’objet. Quand la maturité vient alors on a la possibilité d’adopter le troisième point de vue, d’ouvrir le troisième œil : quand cela arrive, alors ça change, ça produit une nouvelle manière de créer de la confiance. Alors on dit que cette personne est mûre, on dit qu’elle est intelligente, on dit qu’elle est sainte, qu’elle est géniale…

La toute première chose, très importante, c’est donc d’être sûr du point où on se place : est-ce qu’on est le sujet ? Est-ce qu’on est l’objet ? Ou est-ce qu’on est le troisième œil ?

Dans ces trois positions la vérité est différente. Tout est vérité, les trois sont vérité, mais ces vérités ne sont pas les mêmes. On doit donc être sûr de la position qu’on a adoptée. Quand c’est clair, alors on sait quelle sera la confiance, quelle sera la vérité qui sera créée.

Quand on parle on dit « D’après moi… » « D’après mon point de vue… » « Selon ce que je ressens… » Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’on parle selon sa confiance, selon la vérité qu’on a construite, selon sa compréhension.

C’est ici qu’il y a une place pour changer.

Ce changement ne peut arriver tant qu’on n’a pas pris l’angle de vue de l’observateur. Quand on l’a adopté alors une nouvelle compréhension se développe.

« Que dois-je faire ? » Cette question est commune car on ne sait pas prendre de décision pour l’étape suivante. On a la curiosité de connaître les différentes options possibles et ce qu’elles donneraient. Alors la question surgit : « Que dois-je faire ? » Cette curiosité doit être orientée vers le fait de décider quel angle de vue on choisit. On décide de l’angle de vue. Notre décision est là.

Et c’est à partir de cette décision, à partir de ce choix, que l’expérience va se dérouler, que la confiance se construit. La réponse à la question « que dois-je faire ? » est de décider ce qu’on veut être : est-ce qu’on veut être le sujet, l’objet ou l’observateur détaché. Le premier je, le second je et le troisième je. La première personne, la deuxième et la troisième. Même dans le langage il y a les trois positions, je, tu et il. Où voulons-nous être ? Selon cela la vérité sera développée et il y a deux possibilités, soit puérile, soit mûre. La maturité c’est là où on observe les deux ; la puérilité, l’enfantin, c’est là où on n’observe qu’un pôle. Alors « mon chien est méchant », « mon chien ne veut pas jouer », « mon chien ceci, cela » c’est juste une observation dans une seule direction, d’un seul point de vue. Ou alors on peut être le chien et on dit : « Oh, mon maître, il est tout le temps en train d’exiger des choses de moi et je n’aime pas ça. » C’est à nouveau puéril, c’est une seule façon d’observer, une seule direction.

Donc la première chose c’est de décider la position de l’observation : soit celle qui est puérile, soit celle qui est mature. A nouveau c’est une option. Ça dépend de notre capacité à utiliser les différentes options, ou de notre incapacité. Si nous sommes capables d’utiliser ces options, alors nous sélectionnons ce troisième œil, l’observation de la troisième position et par ça on comprend des facteurs plus complexes, on inclut tout. C’est le signe de la maturité. Si nous pensons que nous sommes mûrs, alors nous sommes censés avoir cette capacité. Sinon, on peut être mûr par l’âge, par le volume du corps, mais l’esprit est puéril. Il n’est pas capable de voir dans différentes directions, il ne voit qu’une seule direction. Quelqu’un qui est mûr est capable d’utiliser le troisième œil. On doit le sélectionner d’abord. Et l’Ayurveda est un sujet seulement pour le point de vue du troisième œil. L’Ayurveda n’observe pas seulement le patient, ou seulement la maladie, l’Ayurveda observe les deux : le patient et sa maladie. Que veut être la maladie ? Que veut être le patient ? Que ressent la maladie ? Que ressent le patient ? Les deux sont observés par le praticien ayurvédique. Par cela le praticien ayurvédique comprend la complexité comme un tout. Si il s’agit de quelqu’un de puéril alors il va chercher seulement qu’est-ce qui soigne quoi. Il va chercher des recettes. C’est une approche puérile. Par exemple les antibiotiques pour l’inflammation, le régime pour la minceur… c’est quoi pour quoi (quoi soigne quoi). Cette démarche est basée sur une observation unidirectionnelle. Et l’observation mature observe les deux : les signes, les symptômes et les causes de l’objet et les signes, les symptômes et les capacités du sujet. Alors les possibilités, les solutions peuvent être trouvées. Ainsi c’est un problème à trois points.

Cette question revient très souvent dans les consultations, les discussions : « Que dois-je faire ? » La réponse devrait être d’abord trouve si ton style est mature ou puéril. Sélectionne la position où tu voudrais être : la position du sujet, de l’objet ou la position distante. Pour comprendre une personne mature doit être dans la position mature. Pour un enfant il a besoin d’être seulement dans une seule position soit le sujet, soit l’objet.

La mère et l’enfant par exemple : une mère qui se plaint de son enfant. La mère est le sujet, l’enfant est l’objet et le consultant est le troisième œil. Si c’est juste une discussion au sujet de la vue de la mère, alors le consultant observe que la mère n’est pas mûre, elle est unidirectionnelle. Alors il lui dit d’essayer de comprendre, d’observer les besoins de l’enfant, la nature de l’enfant, le bonheur de l’enfant. C’est les choses que le consultant dira. S’il observe que la mère est immature, qu’elle ne peut être au troisième œil, qu’elle ne peut se poser elle-même dans la position de la troisième personne, alors le consultant dira : « Prenez cela, donnez-le à votre enfant, prenez telle herbe, donnez un massage, prenez cette huile… » c’est une solution unidirectionnelle car la mère est incapable de se tenir à la troisième personne

Alors pour la même maladie, le même symptôme, il y aura différentes solutions car les solutions sont définies à partir des capacités du sujet. Lorsque pour une maladie et un symptôme il y a plusieurs options, on choisit selon les capacités du patient. Pour certains seulement le massage et des exercices sont suffisants, pour cette mère on prescrit des herbes, des soins pour l’enfant, et pour d’autres de l’aide est nécessaire et pour d’autres encore seulement changer éclaircir la position et essayer de comprendre comment avoir de nouvelles expériences, une nouvelle confiance, de nouveaux fruits.

Et le problème est résolu. Alors l’Ayurveda travaille depuis le troisième œil. Comment obtenir ce troisième œil, où l’acheter, c’est la pratique du détachement. Vite comprendre que nous ne sommes pas attaché alors on ne comprend plus sinon comme on voit un film à la TV, et le film on voit une personne courir dans la jungle sud-africaine et un lion charge. Soudain les buissons entravent la personne qui court et le lion se rapproche et dans le film on entend les sons du lion qui court et on est plein de peur en attendant ce qui va se passer. Peut être le lion va tuer la personne. On savoure la peur.

On change notre attention : on ne regarde pas le film mais on regarde le cadre de la télé, c’est en plastique, c’est noir, et à l’arrière il y a l’antenne à travers laquelle circulent les signaux qui portent le film, et qui sont décodés par un ordinateur à l’intérieur de l’appareil. Alors à ce moment-là il n’y a pas de peur du lion, la personne est changée. Soudain il n’y a plus de peur et plus d’émotions. Où l’émotion est-elle allée ? Où la peur est-elle allée ? Elle était là car on était attentif aux images et quand on se concentre sur le cadre et le mécanisme de la télé, le film n’est pas observé, on n’observe ni le lion, ni les sons, ni les images. Et l’effet du film sur nous devient indifférent. Pour nous c’est juste une image colorée mais il n’y a pas d’émotion car on est en train de comprendre comment se passe le changement des signaux en messages visuels et sonores. Ainsi on change l’attention. C’est la façon dont on peut devenir mûr, on peut acquérir cette maturité, la rendre disponible, en changeant le point d’attention. Si on se concentre sur soi-même, sur la douleur des genoux, alors la douleur des genoux devient de plus en plus intense. Et si on se concentre ailleurs, alors les nerfs qui collectent les informations des cellules endommagées, ça devient le signal de la douleur qui va au cerveau, si on change l’attention, alors la douleur n’est pas observée. C’est ce qu’observent les grands yogis dans leur pratique et les scientifiques, les médecins d’aujourd’hui examinent avec des machines sophistiquées, vérifiant le cœur, vérifiant le cerveau, les nerfs… et lorsqu’ils examinent un yogi qui pratique, ils font des constatations complètement différentes. Comment est-ce possible ? Car les yogis sont capables de changer l’attention, quand ils changent le focus, l’activité et le style du cerveau sont changés. Le résultat de l’examen est différent. Comment est-ce possible ? C’est la pratique des yogis, qui sont capables de changer l’attention. Nous sommes assis dans notre chambre devant notre ordinateur, nous ne nous soucions pas de savoir si les araignées au-dehors souffrent du froid, si elles ont des bonnes chaussures, de bons vêtements. On s’en fiche. Car notre attention n’est pas là, notre attention est sur ce que dit Govind, ce que demande isabelle. On observe ça alors c’est ce qui devient notre réalité. Les araignées, même si elles sont bien là à l’extérieur, elles peuvent souffrir du froid, n’avoir rien à manger mais ce n’est pas vrai. Car on n’en tient pas compte, on n’y fait pas attention. Ce à quoi nous faisons attention, ça devient intense et on a des sentiments intenses. Si on se concentre sur l’argent et qu’on commence à le compter et que tout le temps on a peur qu’il n’y en ait pas assez, alors quelque soit le montant que l’on compte, ce sera trop peu, il n’y aura pas assez. Car on a déjà décidé, on attend que l’argent ne soit pas suffisant. Ce pas suffisant c’est notre décision préalable, notre première concentration. Alors on commence à compter et c’est juste l’intensité de « pas assez » qui augmente encore et encore. Ça augmente de niveau. C’est comme ça que ça arrive. La solution est la position du troisième œil. Ça apporte toutes les solutions et toute les possibilités. Plus de possibilités, plus de solutions, plus de manières d’agir et de réagir apparaissent. Et la personne change pour la position du troisième œil, pour la position de la troisième personne. Les chances de comprendre augmentent en proportion. Et automatiquement cela provoque l’apparition de la clémence, de la gentillesse, comme quand la mère comprend pourquoi l’enfant pleure. Alors la mère sourit. Car elle a compris pourquoi le bébé pleure. Et elle devient très gentille avec le bébé et elle le serre dans ses bras et elle le calme. Elle lui explique de façon très douce, très gentille. Cela arrive quand la mère comprend les cris de l’enfant. Si la mère est dérangée par les cris de l’enfant alors la gentillesse ne va pas se manifester, c’est la colère de la mère qui apparaîtra. Quand la mère ne comprend pas les cris de l’enfant. Elle comprend les perturbations apportées à ses activités, à sa paix, à son amour, à sa joie, alors à ce moment-là la colère apparaît car elle est concentrée sur elle-même. Si elle change de concentration et qu’elle se reporte sur les cris du bébé, alors les choses sont différentes. La solution est de prendre la position de la 3e personne. Mais cela n’arrive que dans le cas de la maturité, ce la ne marche pas avec ceux qui sont immatures. Comme lorsque la mère et l’enfant vont dans la forêt, et un sanglier les charge, alors la mère dit à l’enfant « Fuis ! » mais l’enfant ne peut pas courir vite. Alors que va faire la mère ? Elle prend l’enfant dans les bras et elle s’enfuit car c’est un bébé, il est immature, il ne peut pas comprendre, il n’a pas la capacité de courir vite. Ainsi la personne troisième œil, le troisième angle, sa vérité, sa confiance, sa connaissance ne sont pas applicables si l’objet est unidirectionnel, immature. C’est pourquoi parfois quand les personnes matures et immatures sont réunies toutes ensemble, les personnes mûres pourront dire quelque chose au sujet de la maturité, mais les personnes immatures ne le comprennent pas. Alors simplement ils critiquent et disent que c’est absurde ce qui est dit. C’est ok. Car ils ne sont pas capables de le comprendre, ils sont comme l’enfant qui ne peut pas courir vite. Si on se trouve soi-même dans la position de l’immaturité alors on est généralement dans la position de jouir des souffrances et des problèmes. Nous ne sommes pas capables de sauter dans la maturité. Certaines personnes dans leur âge adulte sont toujours immatures, et d’autres dès leur enfance deviennent plus mûres. Cela dépend, cela ne peut pas être universel, en changeant ou en se déguisant ou en posant la maturité dans l’immaturité ne se produit pas. Cela vient par un certain développement personnel. Est-ce clair ?

On parle aujourd’hui du troisième œil. Qui est quelque chose de fantastique même pour les artistes comme Lukas, dessinant le troisième œil entre les deux autres. Les yogis attendent sans cesse que le troisième œil s’ouvre, ils parlent toujours du troisième œil de Shiva. Le troisième œil est quelque chose de mystérieux, quelque chose d’intéressant, d’absurde, stupide… tout cela est vrai. Ceux qui disent que c’est stupide, c’est vrai aussi. C’est vrai pour les personnes immatures. Ceux qui le comprennent comme étant la troisième personne, une observation distante, cela aussi c’est vrai.

Quelque chose que nous croyons, notre croyance est notre confiance et notre confiance nous conduit, aide à prendre des décisions, d’agir et réagir. Ainsi le pratiquant de yoga, le premier maître de yoga est Shiva, donc ce qu’ils font d’abord c’est prendre l’image de Shiva et dessiner le troisième œil dessus. Et quand Shiva ouvre son 3e œil, les choses changent. Mais nous le savons de l’Ayurveda, quand le troisième œil est ouvert les choses changent automatiquement. Si nous prenons la position de troisième œil, automatiquement ça arrive, les choses changent. Si, en tant qu’épouse, nous comprenons notre mari et que nous avons le troisième œil ouvert, alors, lorsque nous regardons le mari les choses sont différentes. La compréhension est différente. Le style d’actions et de réactions est différent. Et ça arrive en changeant l’attention. Que faire ? : changer le point d’attention.

L’ayurveda est un sujet pour le 3e œil, si avec le 3e œil nous comprenons la vie alors nous comprenons la vie dans sa complexité. Si nous observons et comprenons l’Ayurveda seulement avec la première ou la deuxième personnes alors nous procédons par recettes, quoi marche pour quoi, ça marche / ça marche pas, bon ou mauvais. Donc étudier l’Ayurveda nécessite une qualité qui garde le troisième œil ouvert. Sans cela l’Ayurveda ne peut être compris. Manobhav est le sujet prévu pour les satsang du dimanche. C’est un sujet pour le troisième œil. Cela ne peut pas être une sujet pour le 1er ou le 2e œil. Donc c’est bien qu’on en ait parlé. On a déjà discuté ici que la compréhension de la vie, de l’esprit, des situations, a besoin de ce troisième œil, de cette troisième position. Donc dimanche prochain on commencera à analyser les terminologies mentionnées dans les différentes littératures comme dans la Bhagavad Gîta, Ashtavakra, Patanjali, dans les textes bouddhistes. Ça va prendre plusieurs mois d’étudier tous ces termes en détail. J’espère que ce sera intéressant.

Pour aujourd’hui c’est assez. Assimilez et pratiquez le troisième œil pendant une semaine. Cette pratique peut apporter beaucoup de changements, ça peut changer la personnalité.

Ouvrir le troisième œil et poursuivre cette pratique, c’est garder sans cesse le troisième œil ouvert. Regarder toutes choses avec le troisième œil. C’est un grand point clé. Dans tous les pratiques méditatives autour du monde, quelque soit l’école de yoga, ashtanga sahaja, bhakti, ils disent quelque chose de très semblable. C’est même dit dans la Bhagavad Gîta. Nulle part ce n’est expliqué. Ils disent tous : fermez les yeux et portez l’attention entre les deux yeux. Mais comment faire avec les yeux fermés ? C’est la première question. La Bhagavad Gîta dit de se concentrer sur la pointe du nez. Mais comment se concentrer là quand les yeux sont fermés ? En disant cela ils disent « troisième œil », œil parce que ça parle de l’attention, mais on pourrait dire troisième angle, troisième position. Mais dans toutes les méthodes de méditation, tous les profs de yoga disent la même chose : fermez les yeux et simplement concentrez-vous sur l’espace entre les deux yeux. C’est l’intention d’amener le pratiquant dans la position du troisième œil, de la troisième personne car la position de la troisième personne, du troisième angle, ouvre la porte de la compréhension. Une compréhension détachée. Une compréhension indifférente et en pratiquant cela, l’indifférence apparaît. Alors les expériences, les réalisations sont entièrement différentes et la joie de cette expérience est ananda.

Le bonheur est seulement pour un moment, il vient et il s’en va. Il se termine rapidement. Ce qui se termine rapidement est du bonheur, ce qui ne se termine jamais est ananda. Et les textes yogiques parlent d’ananda et pas du bonheur même si parfois ananda est traduit par bonheur. En fait il y a une grande différence. Ananda ne finit jamais, il ne meurt jamais. Une fois qu’il a émergé, qu’il a commencé à s’écouler alors il est toujours le même, car on est indifférent, c’est la joie de l’indifférence. Le bonheur est puéril comme lorsque j’ai faim, je mange et alors je suis heureux. Je n’ai pas d’argent, j’en gagne, je suis heureux. L’argent est dépensé, je suis triste. Le bonheur est parti. Le bonheur est un sentiment très temporaire et ananda est un sentiment éternel. C’est pourquoi vous avez pu observer le nom des enseignants de yoga qui sont donnés par leur enseignant, leur gourou, et dans ce nom il y a ananda qui est inscrit : Shivananda… Satyananda… différents noms, tous les noms des enseignants de yoga donné par leur enseignant incluent le mot ananda. Être indifférent dans toutes les situations. Donc la compréhension c’est prendre la position du 3e œil et l’Ayurveda est un sujet pour le 3e œil car par cela le praticien comprend à la fois la maladie et le patient.

Merci pour aujourd’hui. Une semaine pour pratiquer et essayer d’ouvrir le troisième œil juste en changeant le centre de l’attention.

Hari Om. Merci à tous.