13 octobre 2019

vedanta wave

Nous allons voir quel est le concept de l’existence tel qu’il est exposé dans la philosophie védique qui est la racine de l’Ayurveda.

La toute première chose à considérer, le tout premier mot c’est le mot vie. Qu’est-ce que la vie ? La vie est un processus, une existence, une fonction (kriya en sanskrit). Comment ça se passe ? Comment ça se passe cette vie, ce processus, cette existence, cette fonction ? Les concepts que l’on va voir sont applicables à tous les processus, à toutes les sortes de fonctions.

Tout d’abord, avant l’apparition de la vie, de l’existence, il doit y avoir un état originel, un état antérieur à la fonction. Cet état est calme, tranquille, sans aucune activité. C’est la première étape. Ensuite il y a l’émergence de la fonction, de l’existence. Et ça n’est pas uniforme : chaque fonction, chaque existence a son début.  C’est le début et alors le temps démarre. Chaque processus est lié au temps et à l’espace. Il est limité par le temps et l’espace.

Chaque processus commence donc au stade du rien. Chaque processus commence dans les limitations du temps et de l’espace. Et chaque processus a trois phases : une phase initiale, la naissance ; une phase de culmination, la maturité ; une phase où le processus se calme, se refroidit, ralentit et se termine. Ensuite il fusionne avec le rien et ça revient au stade originel.

Sur ce schéma il y a deux lignes : une ligne horizontale bleue en bas qui est le rien, c’est stable, continu ; et une ligne rouge qui dessine une vague. Là où la vague commence il y a cette force, ça commence à monter, ça s’élève, puis ça culmine tout en haut de la vague, il y a une force extrême, et enfin la force retombe, ça redescend et à la fin il n’y a plus de vague, c’est comme au début. Une fonction, un processus, une existence, a besoin de ces trois forces : la première qui initie, la seconde qui culmine et la troisième qui refroidit, calme diminue et termine.

Le mot nitya en sanskrit veut dire régulier, constant, éternel, égal. C’est l’état originel. A cause de la présence d’impuretés, les samskars, il y a vikara : une vague, une existence démarre, culmine et retombe. Tous les processus sont comme ça : cuisiner, conduire… quel que soit le nom qu’on lui donne. Mais chaque processus a son nom, et ce sont ces mots différents qui les désignent. Ainsi ils acquièrent une identité : on dira la vague, cuisiner, conduire… Prendre une identité, une forme c’est ce que veut dire le mot ahamkhara. On a une identité à cause de ahamkhara. On traduit généralement ce mot par ego, donc l’ego est composé de Sattva, Rajas et Tamas.

Ici on a représenté une grande vague : c’est une identité. Mais si on en prend un tout petit morceau, dans ce tout petit morceau on retrouve une identité à nouveau, ce petit morceau est aussi ahamkhar et donc il possède aussi sattva, rajas et tamas. Donc c’est la même chose la vague et le petit morceau de vague, ils sont composés des mêmes qualités, ce sont seulement la taille et la quantité qui sont différentes. Si on fait un zoom sur ce petit morceau on retrouve la vague.

Le mental est aussi un processus, une fonction. Tous les états du mental ont les trois phases et puis ça revient à l’éternel. Voilà comment on comprend une fonction. Dans la phase sattvique c’est la naissance de la fonction. Puis l’énergie rajas purifie l’identité par sa domination. Alors on domine : on veut être important alors les autres ne sont pas importants. ; on veut être beau alors les autres sont laids ; on veut être riche alors les autres sont pauvres. C’est la domination, c’est rajas. Dans la troisième phase ça se termine. Donc sattva c’est la naissance, la croissance, la créativité, l’initiation, la tolérance, l’acceptation. Ensuite on arrive à la phase où on se donne de l’importance puis la phase de déclin arrive, on n’éprouve plus d’intérêt, c’est l’indifférence. isabelle entre dans la salle de yoga, elle commence le cours, puis il y a les postures, kappalabati, et puis shavasana, on chante OM et c’est fini. Elle est fatiguée et elle rentre chez elle. Ces trois phases se retrouvent partout, dans tous les processus.

Le processus est symbolisé par OM. OM est la représentation d’une fonction. अ est la première lettre : cela montre la manifestation, quelque chose entre. Et puis il y a उ ça veut dire plus haut, vers le haut, c’est la culmination. Et la combinaison de ces deux lettres ça fait O. Ensuite c’est le déclin, il n’y a plus de puissance dans la respiration, la bouche est close, la langue est tranquille, c’est म. Le son est M, c’est un son nasal. Donc les trois sons : A-OU-M c’est Sattva, Rajas, Tamas. La signification du OM c’est qu’il est la définition d’une existence (cf Vedanta et Mandukya upanishad). Quand on prononce OM, on désigne la fonction de la vie. La fonction de toutes choses, le cœur, la lune, le soleil, un atome…. tout. Et chaque partie de la vie est un OM car c’est Sattva, Rajas et Tamas. Chaque respiration est comme cela, est une fonction. Et des milliards de respirations c’est une vie. Donc chaque respiration a les mêmes caractéristiques que la vie toute entière. Réciter OM rappelle au yogi que les parties subtiles et grossières diffèrent par la quantité mais leurs qualités sont les mêmes, et les principes philosophiques sont les mêmes. La vie est une fonction, un processus qui contient sattva, rajas et tamas, que cette vie soit organique ou non-organique. Dans tous les cas les principes de la fonction restent les mêmes.

L’esprit aura lui aussi les mêmes qualités de croissance, maturité et indifférence. Cela veut dire qu’un enfant, un jeune, connaîtra aussi des moments d’indifférence, et que dans la vieillesses il y aura aussi des moments de croissance. Certains esprits ne deviennent jamais mûrs et d’autres mûrissent très tôt dans la vie. Certaines vagues sont petites, aiguës, longues… ce sont juste des différences dans la quantité de Sattva, Rajas et Tamas. Mais une vague est toujours une vague avec les trois phases. Et l’absence de vague c’est l’éternité. Rien. Le nirvana. C’est vrai, ça reste indéfiniment.

Une fonction ça dépend comment on l’observe, perçoit, comprend. Cela indique que nous sommes différents car nous avons des manières différentes de percevoir, des centres d’intérêt différents. Nous avons la même vie mais nous sommes différents, notre style est différent. Et les choses qui sont différentes, qui nous rendent différents ça fait la différence de cette vie. C’est là le pouvoir de la compréhension. On peut être dans la confusion : est-on ce qui observe ou ce qui est observé ? Au début on peut imaginer que l’observateur n’est pas dans rajas, il est comme le nouveau-né. Le bébé interprète très peu, il perçoit surtout avec ses sens, ses yeux, ses oreilles. Et ce qu’il observe c’est sa mère : il regarde son visage, il écoute sa voix… Et quand l’esprit commence de grandir (rajas) il mûrit et il commence de réfléchir et d’interpréter. Puis vient le jour où il est indifférent et c’est la fin. Dans le Vedanta, toutes les fonctions sont comprises comme étant OM, ahamkhar, faire une identité. Chaque mot est une identité, chaque mot a son propre début, maturité et fin. Tout l’univers et chaque partie de l’univers est comme OM. C’est la racine fondamentale qui permet de comprendre l’existence, le processus. Il y a un observateur, il y a une intelligence. Chaque mot est une identité, chaque mot est un OM. L’esprit, les sentiments, les émotions, les comportements…. toute existence est OM. OM est le symbole de ce qu’est une fonction. En chantant OM on observe la fonction, la vie. Et alors la personne qui chante OM devient la ligne bleue. C’est une façon très simple de montrer ce qu’est une vie, c’est la façon du Vedanta.

La vie est Kriya et elle est aussi Vikar. Vikar veut dire erreur. La ligne bleue est constante, éternelle et la vague est une vie, est une erreur. Comprendre une erreur c’est comprendre une fonction. Toutes les fonctions c’est Ayu.

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